• 1/100 000 risque par an d'accident nucléaire grave pour un réacteur EDF (source: Sfen)

Graphique(s) de référence

Échelle internationale des accidents nucléaires

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Mot(s) du glossaire

  • ASN

    L'Autorité de sûreté nucléaire est une autorité administrative indépendante française qui assure, au nom de l'État, les missions de contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection et de l'information des citoyens « pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l'environnement des risques liés aux activités nucléaires ». Elle est à l'origine de la création de l'Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d'Europe de l'Ouest (Wenra), qui regroupe 17 pays européens.

  • EPR (réacteur)

    L'EPR est un réacteur à eau pressurisée utilisé dans le nucléaire. Plus complexe que les REP actuellement en service en France (il dispose de plus de circuits de sûreté, il cumule les systèmes allemands et français), il est aussi plus puissant (1 600 MW contre 1 450 pour les derniers réacteurs construits en France).

  • Hydrogène

    Il s'agit du plus léger atome existant. L'hydrogène pourrait être un moyen de transporter et d'utiliser l'énergie produite dans les grosses centrales électriques, ou les parcs éoliens et solaires. Il serait un moyen indirect de stocker l'électricité, faire face à l'intermittence du renouvelable et remplacer le pétrole de nos véhicules. Mais des problèmes de rendements, de réseaux de transport ainsi que le coût des piles à combustibles (qui permettent de brûler ce carburant), semblent rédhibitoires à son déploiement. Une vieille idée qui pourrait ne pas se concrétiser à cause de ces obstacles.

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Le nucléaire
Partie 2 - La sûreté

La sûreté nucléaire consiste en un ensemble de dispositions permettant d'assurer le fonctionnement normal d'une centrale nucléaire, de prévenir les accidents et d'en limiter les effets. En France, la sûreté des centrales est une priorité absolue.

Le cas Fukushima

Lors de la catastrophe de Fukushima, il y a eu à la fois perte complète de refroidissement (avec des systèmes de secours défaillants) et défaillance de l'enceinte.

L'opérateur japonais Tepco a dû évacuer l'air pollué du réacteur afin de diminuer la pression de l'enceinte mais n'a pas pu le filtrer, faute de dispositif, ce qui a généré une partie de la pollution à Fukushima. Les explosions des toits métalliques abritant l'enceinte de protection des réacteurs étaient dues à l'accumulation d'hydrogène qui n'a pas pu être piégé. En France, ces 2 systèmes - filtres à sable et pièges à hydrogène - ont été imposés par les autorités depuis les Années 1980 ! Enfin, il faut savoir que c'était Tepco qui inspectait les sites de Tepco (le Japon ne possédant pas d'autorité indépendante), situation qui a généré de faux rapports d'inspections et quelques « arrangements ».

Le système français

En ce qui concerne le nucléaire, le risque zéro n'existe pas. Cependant, il n'y a pas de fatalité.

La sûreté cela se construit mais cela demande des moyens et de l'expérience. C'est pourquoi, chaque incident donne lieu à un retour d'expérience international. Notre pays a également mis en place une autorité de sûreté nucléaire indépendante, l'ASN, qui a vraiment le pouvoir de faire stopper un réacteur si ses prescriptions ne sont pas respectées. Elle a plusieurs fois stoppé le chantier de Flamanville par exemple. Investir dans la recherche de systèmes performants est aussi un bon moyen de réduire le risque, à l'exemple de l'EPR, un nouveau réacteur qui divise par dix ce risque par rapport aux réacteurs REP (réacteur à eau pressurisée) actuels.

Sortir du nucléaire : à quel prix ?

Est-ce que cet événement très rare qu'est l'accident majeur (2 dans le monde en 70 ans), doit nous conduire à sortir du nucléaire en France ? Comme le démontre l'Allemagne, la fable du nucléaire remplacé par de l'éolien, du photovoltaïque et une diminution de la consommation, ne fait plus illusion : on ne se débarrasse du risque nucléaire que pour mieux embrasser les conséquences du charbon et du gaz. Tous ces éléments doivent donc être débattus démocratiquement. Si les citoyens décident malgré tout de préférer les risques et pollutions quotidiennes des énergies fossiles plutôt que le nucléaire, c'est la démocratie qui s'exprimera, ce qui est légitime. Ce qui ne l'est pas, c'est de mettre en avant uniquement les risques du nucléaire, de faire peur, en taisant les problèmes que posent les autres alternatives.

L'échelle INES*

Il s'agit d'une échelle de gravité, semblable à celle de Richter qui a été conçue après l'accident de Tchernobyl, afin d'aider les populations à comprendre l'importance d'un incident ou d'un accident nucléaire. Utilisée au plan international depuis 1991, elle comporte 8 niveaux, de 0 à 7. Les niveaux 1 à 3 correspondent à des incidents, les niveaux 4 à 7 à des accidents.
* INES : International Nuclear Event Scale.

Les limites des solutions « Sortir de »

Les risques autour du nucléaire civil sont comparables aux risques des nombreuses installations chimiques classées SEVESO enfermant des poisons tous aussi redoutables que les polluants radioactifs. Il en est de même des risques des barrages ou des laboratoires de biochimie menaçant des villes entières. Pour tous ces secteurs, la solution n'est pourtant pas de « sortir de » la chimie, l'hydraulique ou des recherches biomédicales et de faire peur, mais bien d'avoir une attitude rationnelle et de construire des dispositifs de sûreté efficaces.