• 440 Limite du nombre de PPM dans l'air pour contenir le réchauffement climatique à 2°C

Graphique(s) de référence

Estimation comparative de la réduction des émissions mondiales de CO2, en fonction de l'application des mesures actuelles ou des scénarios dits

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Mot(s) du glossaire

  • AIE

    L'Agence internationale de l'énergie est un organisme autonome de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) siégeant à Paris et regroupant 28 pays membres. Elle est reconnue mondialement pour la publication de son rapport annuel intitulé World Energy Outlook, WEO (voir fiche Bibliographie).

  • Agrocarburants

    Il s'agit de carburants fabriqués à partir de produits organiques comme le maïs qui remplacent partiellement (ou totalement) les carburants pétroliers pour les véhicules à carburants alternatifs. Leur production dépend de deux filières : la filière huile, à partir de colza, de palme, de tournesol et la filière alcool, à partir de la fermentation de sucres de betterave, de blé, de canne à sucre, de maïs ou de déchets végétaux.

  • CCS

    Le captage carbone et stockage est un processus expérimental dont le but est de capter massivement et de manière sécurisée le dioxyde de carbone en sortie de chaudière ou turbine à gaz, de le comprimer puis de l'enfouir dans le sous-sol. Si les solutions géotechniques en cours d'expérimentation étaient validées, cette solution pourrait potentiellement répondre de 10 % à 55 % de l'effort total de réduction à envisager pour le XXIe siècle. Mais pour l'instant, les estimations de rentabilité restent trop hasardeuses et énergivores.

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Scénario mondial

Notre scénario national ne peut avoir de sens que s'il s'inscrit dans une perspective mondiale qui tienne compte de la réalité des besoins, de l'accroissement démographique, des techniques utilisables ainsi que du niveau technologique de chaque pays et de ses particularités.

Pour un « New deal » énergétique

Un scénario énergétique mondial crédible doit intégrer la lutte contre les pollutions et le réchauffement climatique ainsi que la préservation des ressources.

L'AIE (Agence internationale de l'énergie) s'est livrée à cet exercice en travaillant sur des scénarios dits « 450 PPM (partie par million) compatible », en référence à la recommandation du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) de limiter d'ici à 2050 la concentration en CO2 à 440 PPM dans l'air pour contenir le réchauffement climatique à 2 °C. Les conclusions de ces études montrent qu'il est tout à fait possible de résoudre l'équation énergétique, à condition de pratiquer des politiques très volontaristes en matière de financement, de fournir de gros efforts de formation pour préparer aux nouveaux emplois et bien sûr, de mobiliser toutes les techniques et leviers à disposition.

Les leviers de la réussite

Selon l'AIE, la mise en place urgente de plusieurs mesures permettrait d'inverser la tendance à l'horizon 2020.

La première serait d'engager un vaste programme d'économie et d'efficacité énergétiques : rénovation énergétique des bâtiments, nouvelles normes pour les produits fonctionnant à l'électrique domestique, nouveaux systèmes de chauffage, investissements visant à l'amélioration de vieilles centrales existantes et à leur remplacement par des centrales plus modernes. L'exemple le plus fort est le cas de la Chine et ses nombreuses centrales à charbon qui pourraient être modernisées, donc moins polluantes. Le scénario « 450 » préconise par ailleurs de mobiliser les énergies à bas carbone afin de limiter au maximum les émissions de CO2 et considère le nucléaire, avec les énergies renouvelables, comme étant un des leviers permettant de contenir le réchauffement climatique. Il représente donc une part importante de la solution pour la production d'énergie et bien plus en ce qui concerne l'électricité. Ce constat est largement partagé par le GIEC, ce qui devrait interpeller les écologistes et leur faire reconsidérer leur jugement sur cette énergie.

Une solution hybride

Au niveau national comme au niveau mondial, il n'existe pas de solution miracle. Au contraire, c'est la conjonction de plusieurs mesures qui permettra de résoudre l'équation énergétique. Le scénario présenté par l'AIE le montre bien : il faut mettre en œuvre des mesures d'économie d'énergie ET développer des énergies décarbonées. Ce point est essentiel à l'heure où les débats se réduisent à des oppositions entre partisans de solutions uniques telles que « tout nucléaire », « tout renouvelable », « tout économie et sobriété d'énergie ». Or, c'est de tout cela à la fois dont le monde aura besoin demain.

Points faibles

Deux des technologies promues par l'AIE ne sont pas vraiment au point et demandent une certaine prudence : le captage carbone qui pose des problèmes d'échelle (où stocker les milliards de tonnes de CO2 ?) et les agrocarburants qui constituent une menace pour la sécurité alimentaire. Certes, ceux dits « de seconde génération » utilisent la partie non comestible des plantes, mais il n'y a pas à ce jour de démonstration à grande échelle concluante.