• 151 Mtep. Consommation annuelle d'énergie en France
  • 550 tWh. Production d'électricité en France en 2013

Graphique(s) de référence

Bilan énergétique de la France en 2011, en Mtep (million de tonnes équivalent pétrole)

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Mot(s) du glossaire

  • Facteur 4

    L'expression Facteur 4 désigne l'engagement écologique, validé pour la France par le « Grenelle de l'environnement » en 2007, de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d'un pays ou d'un continent donné, à l'échelle de temps de 40 ans (2050) en améliorant l'efficience des modes de production.

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Scénario énergétique de la France

En ces temps d'urgences climatique et énergétique, le changement de la donne climatique est une priorité. Sans se perdre dans l'élaboration d'une pénurie organisée, il est possible de donner au public les grandes tendances qui pourraient être amorcées de façon réaliste.

Modération où stabilisation ?

La modération de la consommation énergétique préconisée d'ici 2050 doit être envisagée avec prudence.

Parler de stabiliser notre consommation, qui s'élève aujourd'hui à 151 Mtep plutôt que d'envisager sa réduction, peut sembler provocateur. Ce serait pourtant déjà une belle performance ! La démographie (70 millions d'habitants prévus en 2050), le besoin de réindustrialiser la France et la résolution de la précarité énergétique de millions d'usagers vont en effet nécessiter un supplément d'énergie. Est-ce qu'un vaste programme de rénovation énergétique des bâtiments, une modification des règles d'urbanisme, ou l'augmentation des transports publics permettront d'économiser suffisamment d'énergie et compenser cette tendance ? On peut le souhaiter mais rien n'est moins sûr. Un premier défi serait déjà d'enrayer l'augmentation de la consommation d'énergie d'ici 2050, de la stabiliser. Sans cette étape, il paraît impossible d'envisager une diminution quelconque.

Faire la part belle à l'électricité

Afin de respecter l'engagement du « facteur 4 », l'accroissement de la part de l'électricité est indispensable.

C'est un point important et qui va dans le sens de l'histoire : la part de l'électricité devra augmenter partout dans le monde. En France, elle est actuellement de 20 %, mais les nouveaux usages tels que les véhicules électriques, le développement des pompes à chaleur, la réindustrialisation ou la relance du transport collectif vont générer une augmentation de sa consommation. La « relance de l'industrie » par exemple, nécessitera à elle seule au minimum 100 tWh en plus des 550 déjà produits chaque année. Ces besoins à venir, bien réels, contredisent l'idée, rebattue par les médias, que l'heure serait à la baisse de la consommation d'électricité. Le projet de fermer Fessenheim alors qu'il est prévu de produire de l'acier avec des fours électriques à Florange (à 200 km) est le symbole de cette contradiction.

Repenser la chaleur

Les EnR (énergies renouvelables) ont un rôle important à jouer dans la mise en place d'un nouveau scénario énergétique, à condition de les utiliser là où elles sont les plus efficaces : dans la production de chaleur. Or, actuellement, c'est pour l'électricité (où elles sont peu efficaces) que ces dernières sont promues. Le solaire par exemple, est uniquement médiatisé sous l'angle du photovoltaïque alors qu'il existe un « autre » solaire bien plus rentable : le chauffe-eau solaire, un simple réservoir de couleur noire qui piège la chaleur du soleil, et ainsi réchauffe l'eau contenue à l'intérieur. Rien à voir avec la haute technologie du photovoltaïque donc.Pourtant, cette filière, qui reste à développer, permettrait de réduire drastiquement la facture des usagers tout en protégeant l'environnement.

La valeur du « facteur 4 »

Le but de la politique énergétique engagée est d'atteindre le « facteur 4 », c'est-à-dire la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Le scénario envisagé est intéressant à plus d'un titre : on préserve le progrès social, la réduction de la consommation énergétique reste raisonnable, les émissions de CO2 diminuent drastiquement et on réalise une belle avancée sanitaire en transférant une partie des transports polluants vers une mobilité électrique. C'est l'équivalent de changements radicaux et historiques comme le « tout à l'égout » ou la généralisation du traitement des eaux usées.