• 5,5 milliards d'euros, c'est le coût de l'adaptation de la décentralisation de réseau français
  • 60 milliards d'euros d'importation d'énergies fossiles, en France en 2011

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Aspects économiques
Partie 2 - Le coût réel

Pour connaître le coût de l'énergie à la sortie de nos prises électriques, il faut rajouter au coût de production global, celui du réseau et du système. Une addition qui peut changer la donne et orienter vers d'autres choix.

Coût du réseau

Les dépenses liées aux réseaux, facturées et assumées collectivement par le biais des factures d'électricité ne relèvent pas d'une valeur fixe mais dépendent de l'énergie primaire choisie.

Le coût du réseau est indissociable de sa taille et du territoire qu'il couvre. En effet, pour un système centralisé (nucléaire, charbon) composé de grosses centrales de production localisées dans des zones bien déterminées (quelques hectares), le réseau à construire sera moins important que pour des productions diffuses, dites décentralisées (éolien, photovoltaïque). La Cour des comptes chiffre par exemple l'adaptation du réseau photo­voltaïque à la dispersion des milliers de petites unités de production prévue d'ici 2020, à 5,5 milliards d'euros. Pour certaines énergies la décentralisation va plus loin et il faudrait presque parler d'énergies « disséminées ». C'est le cas de l'éolien qui concentre plusieurs centaines, voire milliers d'éoliennes dans des zones géographiques spécifiques et dont il faut transporter l'électricité vers les lieux de consommation. Les Allemands vont ainsi devoir construire pour 40 milliards d'euros de lignes Haute Tension pour transporter sur 1 500 km l'électricité de leurs parcs offshore de la mer du Nord au sud du pays (lieu de consommation).

Coût du système

Les tarifs d'électricité que l'usager trouve sur sa facture intègrent pour partie le coût du système qui est plus ou moins coûteux en fonction du type de ressource.

Prenons le cas de l'éolien. L'exploitation de cette énergie oblige, pour une puissance donnée installée, de prévoir la même puissance en centrale à gaz pour pallier l'absence de vent (cf. fiche n° 6). Ce « doublon » génère un coût de l'électricité plus fort que celui d'une centrale classique qui fonctionne toute l'année et qui n'a pas besoin d'être « aidée ». C'est ce qui explique en partie que l'électricité allemande est deux fois plus chère que l'électricité française. Rappelons que chez nos voisins, la puissance installée en éolien et photovoltaïque est équivalente à tout le parc électronucléaire français mais ne parvient à produire que 15 % de l'électricité, et doit être doublée d'une puissance au moins équivalente en cas d'absence de vent et de soleil (les nuits d'hiver par exemple).

Coût global de production

Pour avoir une estimation complète des coûts de production des différentes énergies, il faudrait ajouter aux investissements pour la construction, ceux relatifs à la réalisation des moyens de production et l'achat du combustible, le coût du démantèlement et celui du traitement de toutes les pollutions et des déchets. Contrairement à l'idée répandue, c'est la production électronucléaire qui est la plus avancée dans cette démarche : le coût du démantèlement et du traitement des déchets est en effet inclus dans notre facture ! (entre 1 % et 5 % du prix du kWh). C'est également un des rares secteurs dans l'industrie qui pousse la logique jusqu'à prévoir la remise au vert du site.

Le principe de répartition

Le prix de l'électricité est calculé à partir du coût fixe (construction, démantèlement) et des coûts variables (fonctionnement, combustible). Pour les centrales nucléaires, ce qui fait le prix de l'électricité c'est avant tout le coût de la centrale, l'investissement initial. Pour les centrales à gaz c'est avant tout le tarif du gaz (que l'on importe) qui détermine le prix final.